Le Cercle blanc -
  • Roman
  • Littérature étrangère
  • Date de parution : 07/05/2008
  • Format : 15 x 23 cm, 288 p., 22,30 EUR €
  • ISBN 978-2-88250-206-3
Le Cercle blanc
David Markish
Traduit par Hélène Henry-Safier
Langue d'origine : Russe

Stef Rounitch s’est découvert un aïeul de premier plan : Matveï Katz qui comptait parmi les cinq peintres les plus importants de l’avant-garde russe. Proche de Malévitch, mais amoureux de la couleur, son sens de la perspective était pourtant heurté par le suprématisme. Désabusé, joliment cynique (il reconnaît que l’objectif de sa découverte est l’argent, beaucoup d’argent), Stef Rounitch est pourtant profondément secoué par « les points et les traits » de Katz.

Ailleurs au même instant, un improbable prince, rejeton de la branche maternelle, découvre lui aussi un dessin de Katz. Aucun des deux parents n’a idée de l’existence de l’autre et chacun part de son côté à la recherche des toiles du grand peintre. Au cours de cette odyssée à travers le monde, sorte de quête parodique du Graal, le portrait de Katz est dressé : un peintre singulier, qui ne fera jamais aucune concession et qui se fera passer pour un fou une bonne partie de sa vie, afin de préserver sa liberté dans le régime soviétique. De digressions en aventures, c’est à un kaléidoscope joyeux qui confine à une mondialité heureuse que le lecteur est invité. Il se laisse guider par un narrateur vigoureux dans les méandres des arbres généalogiques et de l’histoire du XXe siècle. On croise un Klee qui sert de pelle à poussière (« après tout, le beau aussi peut être utile »), un vrai Kandinsky dans un village perdu d’Asie centrale, des juifs russes qui fabriquent des faux Picasso dans un atelier de Gaza. Au passage, la psychiatrie soviétique en prend pour son grade, les kibboutzim sont traités avec une tendre ironie et le business de l’art est soumis à une parodie implacable. Il y est autant question de la célèbre exposition 0,10 en 1915 où Malévitch a présenté son Carré noir, du destin des juifs polonais réfugiés en Sibérie que de l’industrie florissante des faux. Le style est oral et résolument drôle et quelques fulgurances poétiques jaillissent soudain. Il règne dans ces pages baroques un esprit optimiste, débonnaire, rocambolesque et malicieux malgré le fatalisme ambiant.

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