Le Syndrome de Fritz -
  • Roman
  • Littérature étrangère
  • Date de parution : 07/10/2010
  • Format : 15 x 23 cm, 192 p., 18,25 EUR €
  • ISBN 978-2-88250-238-4
Le Syndrome de Fritz
Dmitri Bortnikov
Traduit par Julie Bouvard
Langue d'origine : Russe

« La tragédie, rien à foutre ! On était trop jeunes et trop affamés pour elle. Nous, on voulait vivre. C’était ça, ce que clamaient nos veines tranchées, nos mâchoires éclatées, nos furoncles sanguinolents. On suppliciait nos corps parce qu’on crevait la dalle de vivre, la nuit surtout. Et quand on perdait la boule, personne n’y croyait. »

Paris, rue des Thermopyles. Dans un squat d’émigrés, sur le lit défait d’une pièce glacée, un homme écrit à même son drap. Il convoque fébrilement sa mémoire pour recréer sa terre d’origine : la Russie.
Cette invocation passe d’abord par le regard du jeune garçon sur une campagne dure, crue, intemporelle, faite de fantasmes et de déchirures. L’enfant obèse, protégé par son arrière-grand-mère aveugle, choisit la posture du bouffon pour affronter sa famille déjantée : un grand-père éternellement soûl, conteur hilare de fables morbides ; un père qui le hait et qu’il cherchera à étouffer de toute sa graisse lors d’une bagarre… C’est ensuite l’épreuve de l’armée, au fin fond de l’Arctique, un nouveau corps né des frustrations et de l’angoisse, et la découverte brutale d’un monde exclusivement masculin.
C’est aussi une langue, âpre, dense, charnelle, où la dérision et l’humour s’unissent au désespoir, et dont les images saisissantes emmènent le lecteur sur les bords d’un gouffre. Un voyage intérieur, dont le sulfureux Iouri Mamleev écrit, dans la préface à l’édition russe, qu’il fait pénétrer dans le secret de l’âme humaine – et, tout à la fois, dans la cruauté et la beauté du monde.

 

Prix Russophonie 2011

ils en parlent…
  • « Pour servir ce texte bouleversant de corporalité, Julie Bouvard invente, crée, étonne, offense. La grande réussite de cette traduction tient aux contrastes génialement préservés entre poésie de l’intime, logorrhée de l’obscène, et amples échappées lyriques. »

    Agnès Desarthe. Prix Russophonie

     

    « Un souffle puissant anime ce roman initiatique, condensé de jeunesse extrême – violemment désespéré et désespérément humain. »

    Philippe Chevilley. Les Échos

     

    « Le Syndrome de Fritz est un livre puissant, sombre et lumineux, écrit dans une langue rugueuse, lyrique aussi, que la traductrice Julie Bouvard a su admirablement restituer. »

    Christine Mestre. Le Figaro

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